•      Il était une fois une petite fille bien particulière.

    Cette petite fille était une poupée de chiffon, elle en souffrait beaucoup. Si bien que tous les matins, avant l'école, la petite se levait très tôt afin de camoufler au mieux ses vilaines coutures et traces d'usure qu'elle pouvait apercevoir sur son corps. Pour ça, elle utilisait beaucoup de maquillage qu'elle appliquait avec précision et réalisait des coiffures à la perfection. Elle passait énormément de temps à chercher la beauté dans sa tenue jusqu'à ce que son reflet ne lui soit pas si désagréable.

    Malheureusement, son entourage l'empêchait d'oublier son triste sort. A l'école les enfants l'avaient surnommée Barbie et passaient leur temps à se moquer d'elle et à lui faire remarquer la moindre imperfection sur son corps. Cela rendait la petite poupée folle qui paniquait à l'idée d'avoir  ne serait-ce qu'un seul cheveu qui dépasserait de son sublime chignon de ballet.

     

    -

    Un jour, un petit garçon de l'école lui arracha le ruban de satin rouge qui maintenait sa chevelure à la perfection. Complètement désemparée et humiliée la poupée courut s'enfermer dans les toilettes en entendant les autres garçons ricaner de son malheur.

    La petite, affligée, se fixait dans le miroir avec un dégoût profond.

    Elle sorti une paire de ciseaux de son sac et commença à découdre les moindres coutures qui pouvaient apparaître sur son corps puis détacha peu à peu ses cheveux de laine qui lui faisaient tant honte.

    Quand elle eut terminé elle sorti de la pièce, et s'évanouit.

    -

    La petite se réveilla sur un lit blanc, recouverte de bandages avec le visage horrifié de sa mère qui la fixait en sanglotant.

    Sa maman l'enlaça dans ses bras et lui demanda pourquoi elle avait fait ça.

    La fillette répondit d'une voix basse qu'elle ne supportait plus son corps de poupée.

    Apeurée par ses paroles, la mère se souvint des explications de la maîtresse, les enfants avaient pour habitude de l'appeler Barbie car c'était une jeune fille coquette et très jolie.

    Mais ça c'était avant de la retrouver gisant sur le sol devant les toilettes de l'école, le corps en sang et les cheveux arrachés.  

     

    La jeune mère affirma d'une voix tendre qu'elle avait le plus beau visage qui puisse exister et jura que plus personne ne l'appellerait ainsi.

     

    Fin.

    La petite poupée


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